Jain de passage à Lyon se confie au magazine egolarevue

Rencontre avec Jain

photos Paul & Martin

 

Un nom court à sonorité anglophone, à la fois doux et qui claque, et qui s’est vite fait sa place parmi les têtes d’affiches. Tout le monde connaît au moins une chanson de Jain, jeune artiste française au succès fulgurant qui fait bouger les foules avec Zanaka, son premier album chaleureux et coloré.  Rencontre avec Jeanne Galice alias Jain, auteur-compositeur-interprète de 25 ans.

 

 

Votre album est sorti fin 2015, a été nommé dans la catégorie « album révélation » en 2016, vous avez décroché en 2017 le titre de meilleur clip de l’année pour Makeba et d’artiste féminine aux Victoires de la musique. Et vous avez déjà fait une tournée internationale ; comment vivez-vous ce succès ?

Je m’estime très chanceuse ! Les Victoires de la musique ont vraiment été une grosse surprise, j’avais l’habitude regarder petite et je me suis retrouvée au milieu de stars que j’admire.

Ce qui me plaît c’est de donner des concerts, de faire découvrir la musique aux gens, de rassembler et ce que je préfère avant tout, c’est voir le public danser. Mais c’est difficile de prendre du recul, je dirais que ça fonctionne petit à petit, j’essaye à chaque fois de faire un bon concert, d’assurer sur les émissions télé, ce qui est encore un autre monde… c’est plaisant mais aussi stressant, je vais bosser cet aspect là pour être plus à l’aise ! En fait, quand j’ai commencé à faire de la musique, je me suis dit que ça allait me faire voyager. On a déjà réalisé plus de 200 dates en France, Pologne, Italie, Espagne, Allemagne, Etats-Unis, Canada, Tahiti, Autriche, Belgique ; je suis vraiment contente. L’accueil est super et c’est drôle car quelque soit le pays, les gens ont envie de bouger. De plus les festivals sont des expériences géniales, c’est excitant car on touche de nouveaux publics et je n’avais jamais chanté devant autant de monde.

Le voyage occupe une place importante dans votre vie et votre musique, racontez-nous votre parcours de globe-trotteuse.

J’ai vécu ma petite enfance à Toulouse et Pau puis nous sommes partis à Dubaï quand j’avais 9 ans pour le travail de mon père. Ensuite, nous nous sommes installés au Congo Brazzaville puis à Abou Dhabi, où j’ai passé mon bac, avant d’aller à Paris pour suivre des études d’art. Les voyages m’ont donné envie d’écrire, de m’exprimer et de faire de la musique. Et grâce à ça, je me sens bien partout, je m’adapte et je me sens très libre d’écrire ici ou là. C’est surtout à Pointe Noire, au Congo Brazzaville, que cette sensibilité s’est accrue. J’avais appris la batterie puis du tabla au Moyen Orient, j’adore les percussions, et je me suis mise à la programmation musicale au Congo.

 

Et c’est à ce moment que avez-vous fait le choix de vous lancer dans la musique ?

En fait j’ai longtemps hésité entre le graphisme et la musique. J’ai commencé à composer vers 16 ans, dans mon coin. C’était mon secret, je n’en parlais pas à mon entourage car je n’étais pas perçue comme « la fille qui écrit des chansons », j’avais peur des réactions. Je me souviens de mon premier concert à Abu Dhabi, c’était un talent show, on a fait des reprises avec un groupe d’amis et chanté Come. J’ai adoré l’adrénaline provoquée par la scène. J’hésitais à mettre mes chansons sur myspace et j’ai découvert cette citation issue du jainisme, religion indienne ancestrale : « Don’t be proud if you gain. Nor be sorry if you lose. » Ça m’a incité à franchir la pas ! Mon manager m’a repéré et m’a fait rencontrer Maxim Nucci (alias Yodelice). J’habitais encore au Congo, je suis allée dans son studio à Paris pendant les vacances et ça a été magique, il a tout de suite compris mon univers. J’ai commencé à faire ses premières parties et on a travaillé ensemble sur mon album.

 

Après des morceaux naviguant entre pop, reggae, soul et électro, que préparez-vous pour votre deuxième opus ? Et pas trop de pression ?

Nous avons commencé à bosser ce printemps avec Maxim Nucci sur le nouvel album. Pendant la tournée j’ai écris et pu faire pas mal de maquettes mais il y a encore pas mal de boulot. Il y aura sans doute une ou deux chansons en français mais l’anglais reste pour moi plus naturelle, c’est la langue du voyage. J’ai envie d’explorer d’autres styles et surtout que cet album me ressemble. Dès petite j’ai eu une belle ouverture musicale car mes parents mettaient Janis Joplin, Otis Redding, Nina Simone, Miriam Makeba, Fela Kuti… Bref, j’a baigné dans de multiples influences et aujourd’hui j’écoute de tout. Il n’y a pas de règles quand je compose, ça vient d’une phrase, d’une mélodie que j’ai en tête… L’important c’est que ce soit sincère. Et pas trop de pression non. Ce métier me plaît, je sais que j’ai beaucoup de marge de progression et je vais essayer de faire encore mieux sur ce deuxième album !

 

Jain est-elle différente de Jeanne ?

Pas vraiment, je dirais que c’est un focus sur une partie de moi, mon côté énervé qui a envie de faire danser et de réunir. Sinon je suis plutôt introvertie et j’ai toujours le trac mais quand je mets la tenue noire et le col claudine, je suis Jain et je goûte au plaisir de la scène. On est tombé sur ce robe sur internet et on s’est dit que ça ferait un bel uniforme décalé par rapport à ma musique.

 

Qu’aimez-vous faire quand vous êtes en pause ?

J’avoue que la musique prend beaucoup de temps et que j’aime ça mais sinon je vois avant tout mes proches. Après avoir été loin d’eux, j’ai pris des vacances pour voir ma famille et mes amis. Hormis le fait qu’ils soient contents de ce qui m’arrive, fiers ou étonnés, rien n’a changé, on a conservé les mêmes liens. Et j’essaye aussi de dessiner et de me balader.

 

 

Née le 7 février 1992 à Toulouse.

Son tatouage, qu’elle a dessiné elle-même, est un bonhomme à trois têtes représentant la sororité puisqu’elle est proche de ses deux sœurs.

En 2013, elle interprète Redemption song en duo avec Yodelice sur Taratata.

Jain a des origines malgaches du côté maternel.

 

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