Mob Lyon, ou l’hôtellerie utopiste de Cyril Aouzerate ouvre bientôt à Lyon

Cyril Aouizerate photo Bruno Comtesse

Mob hôtel, L’hôtellerie utopiste de Cyril Aouizerate

Chapeau, grandes lunettes, barbe fournie et tenues bigarrées, Cyril Aouizerate ne colle pas à l’image classique qu’on se fait d’un urbaniste ou d’un entrepreneur. Plus à celle d’un sage moderne. Justement, ce businessman singulier est aussi philosophe. Ce qui explique qu’il soit le papa des Mama Shelter et des MOB Hôtel. Des lieux qui sortent des sentiers battus pour les voyageurs et les citadins. Bonne nouvelle, le MOB Lyon ouvre en septembre.

 Depuis 15 ans à la tête d’Urbantech, Cyril Aouizerate s’imprègne des évolutions de la société pour imaginer des lieux plus adéquats aux aspirations actuelles. Avec les Mama Shelter implantés dans plusieurs villes de France et aux États-Unis, il amorce le virage de l’hôtellerie décomplexée au design branché. Il a aussi réanimé La Cité de la Mode et du Design, imaginé les MOB restaurants, fast-good à tendance végétarienne. Il vient d’ouvrir son premier MOB Hôtel à Saint-Ouen, un autre va éclore à Lyon puis aux États-Unis. Son fil rouge affiché est « l’utopie concrète », tandis que les piliers d’Urbantech s’appellent urbanité, partage, bien-être et culture. « Mon approche de l’hospitalité au sens large est intimement liée à mon enfance et mon adolescence au Mirail, analyse Cyril Aouizerate. Je suis né à Toulouse, issu d’une famille de juifs d’Algérie et on a vécu en tribu, c’était la fête, un bonheur simple ». Ses études de philosophie l’amènent à Paris, où il enseigne un bref moment, et la discipline le conduit aussi à croiser la route d’Alain Taravella. Le chef d’entreprise a fondé récemment Altarea et cherche des personnes atypiques pour porter un autre regard sur les projets. « Je ne connaissais rien à l’aménagement urbain, grâce à lui, j’ai compris comment se font les réfections. Je me suis accroché et suis resté pendant quatre ans pour avoir les idées claires avant de créer ma structure ». C’est ainsi que naît Urbantech en 2002 puis que sort de terre le premier Mama Shelter à Paris : « L’idée de faire de l’hôtellerie, je l’ai mûrie… J’avais abordé ce sujet en philosophie : qu’est-ce qu’une société qui accueille, le fait de recevoir l’autre… ».

 

MOB hôtel Lyon

MOB Hôtel – Lyon Le nouveau bâtiment-coqueluche de la Confluence à découvrir en septembre, c’est lui. Un rectangle cerclé d’une double peau percée ocre rouille surmontant une base de couleur graphite signé de l’architecte Éric Bourg et porté par le groupe Cardinal. À l’intérieur, beaucoup de bois et de béton. Un bâtiment à l’esprit indus’ coiffé de végétation abritant toute l’offre de cet « hôtel of the people » : 100 chambres, une librairie, un restaurant bio, un pop-up store, un incubateur, un rooftop avec potager de quartier pour qu’habitants et voyageurs se rencontrent, un espace de méditation et de yoga mais aussi une programmation de concerts et ciné en plein air. « J’adore Lyon, j’ai appris à la déchiffrer, s’enthousiasme le patron d’Urbantech. La Confluence est une terre d’espoir, la preuve qu’il n’y a pas de fatalité dans l’urbain ; elle est reconnue comme un lieu d’innovation à tous les niveaux ».www.mobhotel.com

 

Photo Bruno Comtesse

MOB Hôtel – Saint-Ouen Premier concept, ou plutôt « mouvement » comme le précise Cyril Aouizerate, ouvert en mars à 100 mètres des célèbres puces de Saint-Ouen. Le choix de l’implantation dans un lieu vivant, culturel, animé de nombreuses associations n’est pas un hasard. L’idée est d’en faire un point de ralliement. « On ne peut plus élaborer de projets urbains sans réflexion sur le monde, ça parle aux gens, chacun veut donner du sens à sa vie et ne pas être réduit à sa fonction sociale ». Pour imaginer ces motels urbains, « nouvel hymne à l’hospitalité », Cyril Aouizerate s’est associé avec le designer Philippe Starck, le créateur d’AOL, Steve Case ou encore l’homme d’affaires Michel Reybier. Dans les prochaines années, Washington aura son MOB, Los Angeles aussi et une deuxième devrait pousser à Paris. Dans tous, le même esprit et du bio, fondamental pour le businessman végétalien : « Prendre soin des clients passe aussi par l’assiette et la défense des filières agricoles ».

Photo Bruno Comtesse

 

Mama Shelter

Début des années 2000, Cyril Aouizerate ouvre, rue de Bagnolet à Paris, le premier Mama Shelter, résidence de tourisme de « luxe low cost » pensée avec Philippe Starck, Serge Trigano et Roland Castro. Un bâtiment simple, neutre, pour « être en harmonie avec le quartier populaire où subsiste une mixité culturelle et sociale et afin que le voyageur découvre la France d’aujourd’hui. » Un intérieur coloré, décalé et ouvert sur l’extérieur. S’ensuivent Lyon, Marseille, Bordeaux et Istanbul. « C’était le démarrage du low cost mais depuis, il y a eu beaucoup d’innovations, comme Airbnb dont nous sommes d’ailleurs devenus partenaires ». Cyril Aouizerate a revendu ses parts au moment où le groupe Accor est rentré au capital.www.mamashelter.com

 

Paris.
La Cité de la Mode et du Design. photo Cécilia Garroni

La Cité de la Mode et du Design En 2010, la Caisse des Dépôts et la Ville de Paris sollicitent Urbantech pour relancer La Cité de la Mode et du Design au sein du projet des Docks en Seine. En tant que consultant, l’entrepreneur philosophe transforme cette coquille verte à l’architecture innovante signée Jakob + MacFarlane en un lieu de vie. Il fait venir des restaurants/clubs qui collent à l’air du temps. Le Wanderlust, le Nüba et le Moon Roof deviennent vite des lieux incontournables, de jour comme de nuit. Il attire également le Musée Art Ludique, qui complète le décor mode-culture-création. Un MOB restaurant, dans l’esprit de celui de Brooklyn a également fonctionné pendant quelques années avant que Cyril Aouizerate ne se concentre sur son projet plus global « d’accueillir des voyageurs du monde dans un lieu pas comme les autres… ».

 www.urbantech.net

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