Le lien intime et lumineux à Jieldé de Bénédicte Buisson
- juillet 23, 2026
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L’histoire de Jieldé ne se raconte pas seulement en dates et en collections, mais en souvenirs d’enfance et en gestes transmis. De « l’entreprise des lampes de papa » à la direction d’une icône du design français, le parcours de Bénédicte Buisson épouse celui d’une maison artisanale devenue internationale. À la tête de l’entreprise depuis deux ans, elle éclaire l’avenir sans jamais trahir la lumière des origines.
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À sept ans, Bénédicte Buisson ne parlait pas encore de stratégie de marque ni de design industriel. Elle parlait simplement de « l’entreprise des lampes de papa ». Dans son imaginaire d’enfant, Jieldé n’était pas une maison iconique du patrimoine français, mais un lieu familier, presque magique, où le métal devenait lumière. Son père rachète l’entreprise en 1998 ; elle grandit au rythme des articulations que l’on visse, des abat-jours que l’on peint, du tintement régulier des pièces dans l’atelier. Jieldé fait partie du décor de son enfance, au même titre que les repas de famille ou les vacances d’été.
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L’histoire, pourtant, a commencé bien avant elle. En 1950, à Lyon, l’ingénieur mécanicien Jean-Louis Domecq imagine une lampe articulée, robuste et sans fil apparent, grâce à un ingénieux système de contacts circulaires dissimulés dans les articulations. Pensée pour les ateliers, capable de pivoter, de s’allonger, de résister aux vibrations et même à l’eau, la Jieldé – contraction des initiales de son créateur – devient dès 1953 un outil indispensable du monde industriel. Cette exigence technique, presque obstinée, fonde l’ADN de la marque. Lorsque Philippe Bélier, le père de Bénédicte, reprend l’entreprise, elle est fragile. Il la relance, développe de nouvelles collections, propulse Jieldé à l’international tout en préservant l’âme artisanale lyonnaise. En 2003 naît la Signal, version miniature et espiègle de la lampe originelle. En 2019, la collection Aicler incarne un nouvel élan contemporain. Au fil des ans, Bénédicte observe, apprend, s’imprègne sans forcément imaginer qu’un jour, elle se retrouvera en première ligne.
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Architecte d’intérieur, elle fonde entre-temps l’agence Buisson Buisson avec son mari. Le regard qu’elle pose sur les espaces, les matières, les usages, nourrit une sensibilité particulière au design : un objet n’est jamais isolé, il dialogue avec un lieu, une histoire, une lumière. Quand son père disparaît brutalement en 2023, elle reprend naturellement le flambeau, aidé en cela par son frère. Non par devoir, mais par attachement profond à cette entreprise chargée d’histoire et d’affect. « Ce qui me touche, dit-elle, c’est la fidélité à un geste. Dans notre atelier de Saint-Priest, les lampes sont toujours fabriquées à la main, avec les outillages d’origine. Chaque pièce est emboutie, usinée, ajustée, peinte, assemblée, puis numérotée avant de quitter les lieux ». Dix personnes composent l’équipe, dont 65 % de femmes. Quant aux partenaires, ils sont situés dans un rayon de 20 kilomètres, garantissant l’ancrage local. Ici, le design durable n’est pas un argument marketing : c’est une pratique quotidienne.
Bénédicte aime comparer la lampe originelle à un jean 501. Un classique absolu, immédiatement reconnaissable, qui traverse les générations sans perdre de sa superbe. « Une lampe « espiègle », poursuit-elle, parce qu’elle évoque un souvenir à chacun : un atelier d’artiste, un bureau d’architecte, la chambre d’un grand-parent ». De l’usine aux intérieurs, la Loft – héritière directe du modèle historique – est bel et bien devenue une icône du design français.
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infos :
https://www.jielde.com/
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