Les cui-cui militants d’Élodie Tribut

  • janvier 22, 2026
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Elle brode, dessine, tisse, peint. Elle “cyanotype”, installe et découpe… Et depuis plus de 10 ans, elle déroule le même fil conducteur, celui de la défense de la biodiversité et plus particulièrement des oiseaux. Maître es-volatiles, elle érige l’art en une sorte d’activisme par l’émerveillement et la beauté.

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Élodie Tribut peint des oiseaux. Et ce depuis 2015, quand un rouge-gorge dessiné au stylo s’est immiscé sur la page d’un livre ancien, abîmé et récupéré. Depuis, ceux-ci restent les objets premiers de ses inspirations, témoins visibles des impacts de l’activité humaine sur la biodiversité. Ils sont avant tout pour elle des êtres poétiques, qu’elle représente en toute liberté, sous des formes hybridées ou imaginées ; l’objectif étant avant tout de poétiser et de révéler la vie. «J’ai toujours aimé le figuratif, expose-t-elle. L’oiseau s’est donc imposé assez naturellement et il ne m’a jamais quittée. Il dégage à la fois force et fragilité, ce qui m’émeut beaucoup, même si depuis quelque temps, je travaille également à partir de végétaux».

La plasticienne annecienne s’intéresse surtout aux plantes dites « communes », celles que l’on trouve partout, souvent considérées comme sans intérêt, voire nuisibles. Avec ces plantes, elle expérimente la technique ancienne du cyanotype : en disposant les végétaux sur un support photosensible, puis en les exposant à la lumière naturelle, ils impriment leurs traces et deviennent remarquables. Élodie Tribut est aussi une adepte du stylo bille, un objet traditionnellement davantage associé au monde du travail et à l’univers du bureau qu’à celui de l’art, qui accentue la simplicité et la sobriété de ses œuvres : « J’aime dessiner sur de vieilles pages de livre. Mais j’apprécie aussi la broderie, la peinture… dès lors qu’un oiseau se cache quelque part ! ».

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Il y a, de fait, dans le travail de cette plasticienne de 47 ans, maman d’une petite fille de 10 printemps, la volonté de révéler la nature ordinaire en la rendant poétique, précieuse et belle. Il y a aussi l’intention de questionner, d’interpeller. L’art est indéniablement un moyen d’agir, et à ce titre il est utilisé comme un outil activiste.

Récemment, les oiseaux ont adopté des allures humaines et des costumes 3 pièces, des manteaux de fourrure ou des chaînes en or. Ils incarnent, de manière doucement caricaturale, les humains responsables de leur raréfaction et confrontent le spectateur aux absurdités du moment. Pour autant, rien de pessimiste derrière ses toiles. Élodie Tribut se dit optimiste ; elle veut toucher les enfants et les âmes sensibles. Sa peinture met en lumière le réel ; les oiseaux continuent à chanter et à faire rêver. Ils seront placés sous le feu des projecteurs, les 29 et 30 novembre prochains à Évian, sur le Salon du livre Environnement, dans l’écrin de lac et montagne du Palais Lumière. Puis ils passeront la fin de l’année au Salon des beaux-arts de Paris, avant de s’envoler pour Trévignin jusqu’au 4 janvier (galerie Chappaz). Infatigables dans la lutte pour le respect de la nature et de l’environnement.

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elodie-tribut.com

 

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AUTEUR Nancy Furer
Photos : ©Frédéric Seux

 

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