La vie sur toiles de fifax

  • juin 17, 2026
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Chez ce peintre aux petits airs de Kad Merad, tout part d’une histoire. Une enfance nourrie par Jules Verne, puis les toits de Paris explorés comme des territoires secrets, des voyages, des traversées en mer et des rencontres improbables jusqu’à l’Élysée. Aujourd’hui installé à Lyon, Fifax poursuit ce récit singulier : celui d’une vie qu’il n’a jamais cessé de transformer en tableaux…

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Sur les murs de son atelier de la rue Victor-Hugo, au cœur de la Presqu’île, des villes vertigineuses, des bateaux au large, des cavaliers de la Garde républicaine ou encore des personnages étranges surgis d’un rêve. À 64 ans, l’artiste au regard malicieux — un petit air de Kad Merad — poursuit un parcours singulier où chaque toile ressemble à un chapitre de vie.

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Né à Paris, Fifax n’a pas suivi la trajectoire classique des peintres. À ses débuts, il travaille dans la publicité comme dessinateur des story-boards. « Parfait pour un jeune dessinateur prometteur et sans diplôme », raconte-t-il avec humour en évoquant ces années où il « butinait d’agence en agence ». Mais en 1993, sa vie bascule : sa première exposition à la Galerie Vivienne, à Paris, se solde par un succès immédiat. Toutes les toiles trouvent preneur lors du vernissage.
« Propulsé artiste, me voilà ivre… mais peintre », écrit-il dans son livre. 

Dans ses premiers tableaux apparaît déjà celui qui deviendra son double : le Baigneur tatoué, personnage aux lunettes et bonnet de bain, discret, mais omniprésent dans son univers. Car la peinture de Fifax est indissociable du mouvement. Les inspirations suivent le fil de sa vie. Enfant, il dévore Jules Verne et dessine le sous-marin de Vingt mille lieues sous les mers. Les romans nourrissent son imaginaire. « Les grands classiques m’emportaient et je visualisais tout un tas d’images dans ma tête », se souvient-il. Cette capacité à transformer le réel en récit visuel deviendra sa signature : « Je peins une réalité poétique, une réalité que je déforme. » 

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Paris d’abord. Pendant des années, il arpente la capitale, grimpe sur les toits, observe le jeu des ombres et des cheminées sous le ciel changeant. « Paris m’a happé, conquis et adopté », dit-il. Puis vient la mer. Deux traversées de l’Atlantique lui donnent le goût du large et inspirent une série maritime nourrie de ciels immenses et de ports lointains. New York ensuite, véritable coup de foudre né devant le film Manhattan de Woody Allen. Les rencontres jalonnent aussi ce parcours atypique. L’une d’elles le mène jusqu’à la Garde républicaine, dont il devient le peintre officiel. Une ironie savoureuse pour celui qui avait été classé P4 lors du service militaire. « Avec deux jours de service, mon avenir dans l’armée devait s’arrêter là », s’amuse-t-il. Trente ans plus tard, il est pourtant nommé commandant de réserve. Autre épisode inattendu : sa rencontre avec François Hollande. Après lui avoir offert une toile, le président lui lance :
« Venez peindre l’Élysée, Monsieur Fifax ! ». L’artiste passera plusieurs mois à déambuler dans le palais pour en capter la lumière et les perspectives. 

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Depuis quatre ans, Fifax a posé ses pinceaux à Lyon. La ville nourrit déjà une nouvelle série : cours intérieures, glycines et architectures secrètes. « Je découvre Lyon avec le regard d’un promeneur », confie-t-il. Mais pour sa prochaine exposition, l’artiste reviendra à la source de son imaginaire : les livres. Du 8 au 21 juin, à la Galerie Vivienne à Paris, « Fifax fait la couv’ » revisitera les couvertures des grands classiques de la littérature qui ont bercé son enfance. Une manière de refermer la boucle. Chez lui, tout a commencé par une histoire. Il continue simplement de la peindre.

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Fifax.com

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