Les deux vies de Marion Cabrol

Directrice de l’enseigne de restauration à emporter, La Petite Ferme, Marion Cabrol mène une double existence assumée. Le jour, elle gère, anticipe, rassure. La nuit, elle écrit des polars et laisse le désordre s’installer. Primé au Salon du Livre d’Hagondange, son premier roman lui a ouvert une voie qu’elle confirme en avril avec le thriller psychologique Ce que Marcy a oublié.

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Derrière le comptoir de La Petite Ferme, dans le 6ème arrondissement de Lyon, Marion Cabrol orchestre chaque détail : la qualité des produits, la bonne marche d’une équipe, la satisfaction des clients… Une vie de cheffe d’entreprise où tout se contrôle et se planifie. Mais une fois les trois boutiques fermées – La Petite Ferme compte aussi des enseignes à Lyon 8 et Vaugneray -, une autre Marion prend le relais : l’auteure de polars. « Quand on gère une entreprise, on a un projet et on doit le contrôler, le rendre rassurant. Quand j’écris, je fais l’inverse de mon quotidien. Je laisse entrer la noirceur, le désordre et les questions sans réponse pour faire évoluer mes personnages au fur et à mesure qu’avance l’intrigue », confie Marion Cabrol.

Une double activité qui rend ses journées remplies puisque l’entrepreneuse consacre entre 15 et 20 heures par semaine à l’écriture. « Avec La Petite Ferme en parallèle, il a fallu faire des choix et réduire certains hobbies. Je cours beaucoup moins qu’avant, je regarde moins de séries… Ce roman, j’ai mis environ un an et demi à l’écrire. Une grande partie au début de la boutique. Dès que la fréquentation baissait, je sortais mon ordinateur et j’écrivais. Aujourd’hui, avec trois sites, c’est un peu plus compliqué mais j’ai une organisation bien rodée ».

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Ce que Marcy a oublié s’ouvre sur une découverte macabre dans un village côtier du Québec : un os, qui va révéler un secret bien plus lourd. Au centre du récit, Marcy : une femme dont l’identité repose sur des années de mensonges, accro aux médicaments, dépressive… Un personnage aux antipodes de son auteure et pour laquelle elle a dû effectuer de nombreuses recherches. Autour d’elle gravitent plusieurs voix (Tom, Sabrina, Adrien Vallet), dans une atmosphère lourde et tendue.

« Je voulais un village serré, où les gens sont les uns sur les autres. Un lieu qui a vécu un drame qui l’a changé complètement ».

Après La Lionne rouge, primé au Salon du Livre d’Hagondange (Moselle), Marion Cabrol signe un nouveau roman haletant qu’elle juge elle-même plus abouti. « Avec le premier, je dirais que j’ai appris le métier. C’était comme une répétition générale. Je l’ai peaufiné un long moment et je trouve que j’aurais dû encore l’étoffer. Pour ce deuxièmel’écriture a été beaucoup plus fluide », explique-t-elle. Marion Cabrol confesse avoir déjà commencé l’écriture d’un autre manuscrit. La double vie a encore de beaux jours devant elle !

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Disponible en librairie

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