La trajectoire musicale de Cyrille Bonin

  • juin 17, 2026
  • by

Adolescent, il découvre le Velvet Underground à la radio. Quelques années plus tard, il organise des concerts punk dans le Lyon des années 1980. Aujourd’hui, Cyrille Bonin a été reconduit à la tête du Transbordeur, l’une des salles de concert les plus emblématiques de la région. Une trajectoire guidée par une seule boussole : la passion de la musique.

.

Depuis 2010, Cyrille Bonin dirige Le Transbordeur, l’un des temples lyonnais de la musique live. Dans cette salle villeurbannaise, d’Orelsan à Stromae, d’Angèle à Franz Ferdinand, tous les grands noms actuels du rock, de la chanson, du hip-hop, des musiques électroniques ont fait résonner les riffs de guitares et les nappes électros avant de devenir des superstars. Derrière cette programmation éclectique se trouve un homme au parcours singulier, passionné de musique. « Fils unique, je passais beaucoup de temps seul à la maison, à lire et écouter de la musique, explique Cyrille. Dans ces moments-là, la radio est devenue mon principal passeport vers d’autres univers. Avec les émissions de Bernard Lenoir sur France Inter et de Francis Zégut sur RTL, j’ai découvert les territoires infinis du rock. Plusieurs groupes ont marqué ma jeunesse et façonné ma culture musicale comme The Velvet Underground, Iggy Pop, les Thugs et la Mano Negra ».  Brillant élève, le lycéen de Vénissieux obtient son baccalauréat à seulement 16 ans et s’inscrit en lettres modernes à l’Université Lyon 2. L’étudiant côtoie sur les bancs de la fac une certaine Virginie Despentes. Ensemble, ils plongent dans l’effervescence culturelle lyonnaise des années 1980, une époque bouillonnante où tout semble possible. « La fin des années 1980 est particulièrement fertile pour les musiques alternatives en France, se souvient ce fils de cheminots dijonnais. Je me suis inscrit dans cette dynamique avec une approche très Do It Yourself, inspirée de l’esprit punk en créant mes propres fanzines, en montant des concerts avec des amis, invitant des groupes encore inconnus. À cette époque, tout se faisait dans l’urgence et la débrouille. Mais, c’est aussi une période d’apprentissage. On réalisait avec les moyens du bord aussi bien les affiches, la promo, que l’accueil des groupes ».  

.

.

Parmi ses faits d’armes : l’organisation en 1988 du concert des Bérurier Noir à la Bourse du Travail, resté célèbre dans le milieu rock lyonnais. Quelques mois plus tard, Le Transbordeur ouvre ses portes et compte rapidement Cyrille parmi les plus férus spectateurs. Au milieu des années 1990, la techno émerge et trouve un large écho sur la scène villeurbannaise. « J’ai retrouvé dans ce nouveau style musical toute l’essence du punk des années 1980, indique l’ancien vendeur de disques à la Fnac de Saint-Étienne. Les artistes s’affranchissaient des barrières et possédaient une grande liberté de création loin des maisons de disques traditionnelles et des diktats de l’époque ». Lyon devient au début du nouveau millénaire l’un des laboratoires européens des musiques électroniques. Cyrille participe à cette effervescence. Il travaille chez le disquaire Independance Records spécialisé dans les musiques actuelles, monte en parallèle le label Kubik, qui presse le tout premier disque électro du Lyonnais Agoria, et s’implique dans l’aventure naissante des Nuits Sonores. Au fil des années, ces expériences lui apportent une solide connaissance du milieu, notamment les artistes, les tourneurs, les contraintes techniques et l’économie fragile du spectacle vivant. Alors, lorsqu’en 2010 la direction du Transbordeur cherche un nouveau responsable, son nom s’impose naturellement. 

.

.

Cyrille connaît la salle depuis longtemps, et surtout l’écosystème musical qui l’entoure. « Chaque saison, la même question me revient : comment rester fidèle à l’ADN du lieu tout en accompagnant les mutations de la musique ?, explique le quinqua. Une salle comme le Transbordeur doit être un carrefour, un endroit où les publics se croisent et où les générations musicales dialoguent ». Ici, les têtes d’affiche côtoient les artistes émergents. Les superstars partagent la scène, parfois sans le savoir, avec ceux qui écriront les prochaines pages de la musique. À la tête d’une équipe de six collaborateurs, le plus rock des dirigeants lyonnais programme chaque année près de 200 concerts et accueille entre 140 000 et 170 000 spectateurs. Son mandat a été reconduit pour les dix prochaines années, saluant sa bonne gestion. Ce grand amateur de vinyles entend poursuivre son travail de défricheur d’artistes et prévoit de renouveler la sonorisation de la grande salle dans les prochains mois. D’ici là, le Transbordeur accueillera le groupe électro pop Elephanz le 21 mai, le rappeur Beendo Z le 22 mai ou encore le rock alternatif de Bilmuri le 15 juin. 

.

___
transbordeur.fr

.

.

×